Les réactions dans le reste du monde

NOUVELOBS.COM | 10.02.06 | 08:22

Voici toutes les réactions dans le reste du monde concernant les caricatures du prophète Mahomet publiées dans la presse scandinave.

Tariq Ramadan: "Il faut non seulement se calmer mais également faire preuve d'intelligence et de dignité. Lancer, comme cela vient d'être fait en Iran, un concours de caricatures sur l'extermination des juifs est totalement inacceptable. A condamner absolument. Le génocide dont ont été victimes les juifs est une profonde blessure dans la conscience européenne : il est normal, et juste, que, aux abords de cette blessure et de la souffrance qu’ont subie les juifs nous fassions preuve de mesure quant à l’usage de la liberté d’expression. Il en va de notre dignité. C’est le seul commentaire que nous devrions faire en ajoutant qu’il serait bon de faire preuve de la même précaution intellectuelle vis-à-vis des sensibilités et des blessures de toutes celles et de tous ceux avec qui nous partageons notre quotidien, notre vie et notre planète. C’est tout, c’est simple, c’est clair.
 (…) Voilà Charlie-Hebdo qui publie à son tour les caricatures dans le but évident de provoquer et de montrer, en grand champion de la liberté absolue d’expression, qu’il ne cède pas devant la menace. (…) Quel courage! Faut-il poursuivre en justice, s’alarmer, crier au scandale ?! C’est manifestement ce que cherchent les responsables de l’hebdomadaire qui a tellement viré à droite sur cette question ces dernières années, qu’en perspective Nicolas Sarkozy apparaît bien ancré à gauche. Convoquer la justice est inutile et vain. Il vaut mieux s’en tenir à la logique implacable de l’algèbre: Etre traités de 'cons' par des 'cons' est une assurance certaine d’intelligence." (Communiqué, 8 février)

Ali Khamenei, Guide suprême iranien l'ayatollah : "Il s'agit d'une conspiration planifiée des sionistes pour provoquer une confrontation entre musulmans et chrétiens".
Selon lui "la raison de cette action sioniste s'explique par la défaite que leur a infligé le Hamas en reportant les élections" palestiniennes du 25 janvier. (Discours, Téhéran, mardi 7 février)

Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères : "Nous voulons contribuer, en utilisant nos contacts dans quelques pays arabes, à apaiser la violence et l'émotion apparues" à cause de la publication des caricatures dans des journaux européens. "Nous souhaitons vivement y parvenir". "Il est clair que nous ne pouvons accepter le recours à la violence". "Nous ne devons pas laisser cette querelle devenir une guerre des cultures". (Point presse à Berlin, lundi 6 février)

Les représentants de la communauté musulmane tchèque ont dénoncé dans la presse la publication en Europe des caricatures qu'ils jugent "outrageantes" et voulant "ridiculiser" la religion musulmane. "Je suis toujours contre quand quelqu'un veut humilier les autres. Et je pense que cette fois-ci, l'objectif a été d'outrager", a indiqué Mohamed Ali Silhavy, ancien président de la Centrale des communautés religieuses musulmanes en République tchèque. "Beaucoup de gens en Occident luttent pour la liberté de parole en voulant que l'on puisse publier n'importe quoi.
Mais ceci est-il compatible avec les lois interdisant la diffamation raciale, de la nation ou des convictions?", s'interroge de son côté le directeur du Centre islamique à Prague, Vladimir Sanka. Le président de la Fondation Islamique à Brno (est), Muneeb Hassan, estime quant à lui que "ces caricatures n'apportent rien d'utile, ni du point de vue culturel ni du point de vue social" et ont eu pour objectif de "ridiculiser la religion musulmane". (Déclaration, samedi 4 février)

Le Vatican par la voix de son porte-parole Joaquin Navarro-Valls : "La cohabitation des hommes exige un climat de respect mutuel pour favoriser la paix entre les hommes et les nations". Le droit à la liberté d'expression ne comprend pas "le droit de heurter les sentiments religieux des croyants", quelle que soit la religion concernée.
Il a toutefois qualifié de "déplorable" les manifestations violentes de protestation qui ont eu lieu dans le monde islamique. Il a estimé que les actes d'une personne ou d'un journal ne pouvaient pas être imputés à l'ensemble d'un pays ou de ses institutions.
"L'intolérance, d'où qu'elle vienne, qu'elle soit réelle ou verbale, action ou réaction, constitue toujours une menace grave pour la paix". Il a ajouté que "certaines formes de critiques extrêmes ou de dérisions d'autrui montraient une absence de sensibilité humaine et dans certains cas pouvaient constituer une provocation inacceptable". "L'histoire nous enseigne que cela ne constitue pas le moyen de refermer les vieilles blessures dans la vie des peuples". "Le droit à la liberté de pensée et d'expression, tel qu'inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme, ne peut comprendre le droit de heurter les sentiments religieux des croyants". "Des protestations violentes sont toutefois également déplorables". (Communiqué, samedi 4 février)

Abdullah Gül, le ministre turc des Affaires étrangères : "Au moment où des efforts sont entrepris pour rapprocher les civilisations et accroître le dialogue entre les religions, nous voyons combien l'attitude irresponsable de ceux qui sont inconscients des développements du monde peut provoquer de graves problèmes". "La liberté de la presse devrait bien sûr exister partout mais les valeurs des peuples devraient être respectées".
"Ces (caricatures) s'apparentent presque à une provocation -- soit inconsciente soit délibérée de la part de certains". "J'espère que cette affaire va se terminer sans autre escalade et que chacun comprendra les fautes commises". (Déclaration, samedi 4 février)

José Socrates, le Premier ministre portugais, a estimé que la liberté d'expression implique "le respect de la dignité des autres". "L'utilisation gratuite et sans limites" de la liberté d'expression "conduit à la loi du plus fort". "Or, dans les sociétés démocratiques la liberté (d'expression) implique son utilisation de manière responsable et dans le respect de la dignité des autres". (Déclaration, samedi 4 février)

Mgr Antonio Marto, évêque portugais responsable de la commission épiscopale pour la doctrine de la foi : "La culture islamique est différente". La publication de ces dessins "ont été interprétés comme un manque de respect religieux inacceptable". "A présent on est entré dans une spirale dont il sera difficile de sortir". (Déclaration, samedi 4 février)

Angela Merkel, la chancelière allemande a condamné les actions violentes de musulmans protestant contre la publication en Europe de caricatures sur l'islam, estimant que "la légitimation du recours à la violence est inacceptable". "Je peux comprendre que le sentiment religieux ait été blessé. Je veux aussi dire nettement que je trouve inacceptable sur cette base une légitimation du recours à la violence". "L'Etat, le gouvernement allemands n'ont pas de raison d'intervenir, la liberté de la presse doit être garantie". "J'ai le sentiment que c'est la position des Etats membres" de l'Union européenne, observant que le Danemark "ne doit pas se sentir abandonné". (Déclaration, samedi 4 février)

Nadeem Elyas, le président du Conseil des musulmans d'Allemagne, a demandé plus de respect et de compréhension pour les croyants. Dans un entretien au quotidien Die Welt am Sonntag à paraître dimanche, il salue le principe d'inaliénabilité de la dignité humaine mais se demande "pourquoi beaucoup de démocrates ignorent que la foi de leurs prochains fait partie de leur dignité?". (Déclaration, samedi 4 février)

Karl Lehmann, le cardinal-archevêque et président de la conférence épiscopale allemande, a estimé que "la liberté d'expression devenait problématique quand elle touchait le coeur d'une confession religieuse", déplorant en l'espèce un "manque de sensibilité". (Déclaration, samedi 4 février)

Wolfgang Huber, le président du conseil de l'Eglise protestante allemande : "même les caricaturistes devraient traiter le sujet sensible de la religion avec respect".
"Je peux comprendre que ces dessins aient provoqué la colère des musulmans", mais "nul ne devrait jamais, au nom de la religion, menacer de violence, ou se comporter de manière violente". Ce serait, selon lui, "un détournement des sentiments religieux". (Déclaration, samedi 4 février)

Joanne Leedom-Ackerman, la secrétaire du Pen International, association mondiale d'écrivains présente dans 99 pays, a soutenu le droit à la libre expression et la publication dans la presse des caricatures du prophète Mahomet. "Nous sommes certainement conscients du fait que certains se sentent offensés par ces caricatures".
"D'un autre côté, nous pensons aussi que des individus dans le monde entier profiteront de la liberté d'expression". "L'idée que quelqu'un ne puisse pas parler, discuter ou s'exprimer nous inquièterait énormément". "C'est de cette façon que le nationalisme fanatique est arrivé dans le passé". "Il y a un vrai besoin pour les individus de pouvoir s'exprimer et de dire ce qu'ils veulent même si c'est offensant". (Déclaration, samedi 4 février)

Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a protesté auprès du Danemark contre la publication dans un quotidien des caricatures du prophète Mahomet. Il a qualifié "d'offensantes et inacceptables" les caricatures et a souligné toutefois la volonté des Palestiniens de "préserver les relations amicales" avec Copenhague. (Déclaration, samedi 4 février)

Le cheikh Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais chiite : "J'invite les Etats islamiques à oeuvrer de concert en direction des Parlements et des gouvernements européens afin qu'ils décrètent une loi interdisant aux médias de porter atteinte à Dieu et aux prophètes (...) afin qu'une telle crise ne se répète pas".
Il a appelé les musulmans du monde entier à "multiplier leurs protestations par tous les moyens" contre les pays ayant autorisé la publication des dessins incriminés. Il a en outre annoncé une importante manifestation pour le dixième jour de la Achoura, le 9 février, sur le thème de la "défense de la dignité de notre religion et de notre prophète quel qu'en soit le prix".
"Nous sommes devant un nouvel exemple de l'hypocrisie et de la duplicité de l'Occident (...) qui adopte là aussi une politique des deux poids, deux mesures". Il a cité l'exemple du philosophe français, Roger Garaudy, poursuivi en justice pour avoir écrit un livre contestant l'holocauste, ainsi que la télévision du Hezbollah, Al Manar, interdite de diffusion en Europe "pour antisémitisme parce qu'elle parle des crimes perpétrés par les sionistes et remet en cause leur droit d'usurper un Etat". "La justice européenne est intervenue" dans ces cas, a-t-il rappelé, jugeant que "la liberté d'expression qui fait partie des droits de l'Homme s'arrête pour elle chez les Juifs et pas chez le 1,4 milliard de musulmans". (Déclaration, samedi 4 février)

Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, s'est déclaré à nouveau "peiné" et "préoccupé" par la controverse sur les caricatures du prophète Mahomet et a appelé ses "amis musulmans" à accepter les excuses présentées par le journal danois. "Je partage la détresse de mes amis musulmans qui estiment que ces caricatures offensent leur religion. Je défends aussi la liberté de la presse. Mais cette dernière n'est jamais absolue, elle comprend une responsabilité. Ce qui est important c'est que le journal qui avait publié ces caricatures a présenté des excuses". Kofi Annan avait affirmé jeudi que "la liberté de la presse devrait toujours être exercée dans le plein respect des croyances et des piliers de toutes les religions". Il a appelé aujourd'hui "ses frères musulmans à pardonner, au nom d'Allah le miséricordieux", à "accepter les excuses formulées par le journal qui avait publié les caricatures" et à "aller de l'avant". "J'appelle tout le monde à s'abstenir de prendre des mesures propres à envenimer la situation". "Il ne faudrait pas que des mesures soient prises pour punir toute la nation danoise ou l'Europe entière pour les actions de particuliers".
"Je crois donc que mes frères musulmans devraient accepter les excuses". (Déclaration, samedi 4 février)

Susilo Bambang, le président d'Indonésie : "La publication des caricatures marque clairement un manque de sensibilité à l'égard des croyances d'un groupe religieux". Les dessins représentent "une insulte aux symboles de la religion et ils blessent les sentiments des musulmans". Le président a toutefois appelé les Indonésiens à rester calmes et ajouté que son gouvernement avait accepté des excuses présentées par la direction du journal danois et pris note de la volonté d'apaisement exprimée par le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. (Déclaration, samedi 4 février)

Javier Solana, le Haut représentant de l'Union Européenne pour la politique étrangère, a appelé "au respect mutuel". "La tolérance et le respect mutuel jouent un rôle tout aussi important que le principe de la liberté d'opinion". "Je me trouve en contact permanent avec des responsables des pays islamiques et des gouvernements arabes. J'essaie de calmer la situation et appelle au dialogue et au respect mutuel". (Déclaration, samedi 4 février)

Le mufti Mustafa Ceric, chef religieux des musulmans de Bosnie a affirmé que l'Europe était "malade d'islamophobie", tout en qualifiant d'"erreur" les protestations violentes de musulmans contre la publication en Europe de caricatures du prophète Mahomet.

L'Eglise orthodoxe russe, par la voix du porte-parole du patriarcat de Moscou, Mikhaïl Doudko, cité par l'agence Itar-Tass, a condamné la publication "inacceptable" en Norvège et au Danemark de caricatures du prophète Mahomet. "Il est très dangereux d'insulter les sentiments religieux, dans la mesure où ils sont exceptionnellement profondément ancrés dans l'âme humaine". "On ne peut pas parler de guerres de religions", a ajouté Mikhaïl Doudko, estimant cependant "inacceptable, l'outrage aux sentiments religieux". Le responsable religieux ajoute que les orthodoxes russes ont été confrontés au même problème par le passé avec l'exposition à Moscou d'oeuvres d'artistes russes que le patriarcat, et la mairie de Moscou, avaient qualifié de blasphématoires.

Saïd Branine, responsable d'Oumma.com, site internet de débats sur l'islam, a illustré les protestations des responsables associatifs musulmans qui se sont dits indignés par les caricatures de Mahomet assimilant l'islam au terrorisme mais ils incriminent le racisme et l'islamophobie plutôt que le blasphème. "En tant que musulmans, bien sûr nous sommes indignés",a-t-il déclaré."Mais c'est un acte raciste, rien d'autre".

Jack Straw, le ministre britannique des Affaires étrangères. La publication des caricatures du prophète Mahomet dans la presse européenne est "indélicate"."Je pense que la nouvelle publication de ces caricatures n'était pas nécessaire, qu'elle a été indélicate, manquant de respect et que c'est quelque chose de mal", a-t-il dit. "Il y a la liberté de la presse, nous la respectons tous. Mais il n'y a pas d'obligation d'insulter ou d'être gratuitement incendiaire", a ajouté le ministre en recevant à Londres son homologue soudanais Lam Akol. M.
Straw a également rendu hommage à la "responsabilité" et à la "délicatesse" des médias britanniques, dont aucun n'a publié les images, à l'exception de très courts passages dans des journaux télévisés de la BBC et de Channel 4 jeudi. Un porte-parole du Premier ministre Tony Blair avait estimé jeudi qu'il était "entièrement du ressort des médias de décider s'ils veulent ou non" publier les caricatures.

 L'Imam Abdullah Hussein  dans la principale mosquée de Stone Town à Zanzibar, archipel dont 98% de la population est musulmane: "Les ennemis de l'islam se servent de journalistes pour publier des articles dans le but de ternir (l'image de) l'islam et d'insulter le prophète". "La punition la plus convenable pour les rédacteurs en chef des journaux qui ont insulté le prophète est la mort", a déclaré de son côté,Sheikh Khalid Azan, militant d'un groupe religieux zanzibari, l'organisation pour la promotion de l'islam. "Il est inacceptable d'utiliser la liberté de la presse pour insulter la foi des autres", a-t-il ajouté.

Wadah Khanfar, directeur de Al-Jazihra, estime que cette publication "est une insulte pour un milliard de musulmans qui pensent qu'on ne doit pas toucher à certains sujets sacrés". Il assure que sa chaîne respecte "profondément la liberté d'expression, qui est un besoin très important, notamment dans le monde arabe". "Mais, ajoute-t-il, ces images ne donnent aucune information et ne livrent aucune opinion. Elles sont purement insultantes".Wadah Khanfar précise que sa chaîne parlera des images en question, mais qu'elle ne les montrera pas à l'écran.

Akbar Hachémi Rafsandjani, le chef du Conseil de discernement en Iran, a espéré vendredi que les réactions de colère des musulmans à la publication de caricatures du prophète Mahomet "sera une leçon pour ces gens". "Les musulmans eux-mêmes ont réagi. Les gouvernements ont réagi après les manifestations. J'espère que cela sera une leçon pour ces gens", qui ont publié ces caricatures, a-t-il dit lors du sermon de la prière du vendredi, à Téhéran.

Gerhard Haderer, caricaturiste autrichien, qui avait été condamné en 2003 en Grèce pour une bande dessinée sur la "Vie de Jésus", a demandé vendredi que "la liberté de la presse soit, à tout prix, préservée" en Europe.
"Il ne faudrait pas que (dans l'affaire des caricatures du prophète Mahomet) le lampiste (le dessinateur danois ayant réalisé les caricatures) paie".
Le caricaturiste autrichien estime cependant que la publication par un journal danois de dessins mettant en scène le prophète Mahomet avait été "une idée farfelue".
"Je ne ferai jamais une caricature de Mahomet parce que je sais qu'il s'agit d'un tabou pour les musulmans. Mais maintenant que le mal est fait, il faut être solidaire des collègues pour éviter le pire", ajoute-t-il.
(Déclaration, vendredi 3 février)

La communauté juive de Turquie s'oppose à toute forme d'"attaque et d'humiliation visant les croyances et les valeurs religieuses".
Le communiqué appelle, en outre, les autorités des pays où les caricatures ont été publiées, avec en tête le Danemark, à "entreprendre les démarches nécessaires afin d'apaiser les sentiments blessés" des musulmans.
(Communiqué, vendredi 3 février)

Abdallah II, roi de Jordanie a affirmé que "l'insulte" au prophète de l'islam était un "crime injustifiable", après la publication par les médias, dont un journal jordanien, des caricatures controversées de Mahomet.
C'est "un crime que ne peut justifier le prétexte de la liberté d'expression", a affirmé le roi dans un communiqué reproduit par l'agence officielle Pétra.
Le roi "ne tolèrera aucune insulte à la religion musulmane ou à toute autre religion divine. La Jordanie (...) est attachée au respect des principes de l'islam fondés sur le respect des religions et de leurs prophètes".
(Communiqué, vendredi 3 février)

Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU : "Il estime que la liberté de la presse doit toujours s'exercer d'une manière qui respecte pleinement les croyances et les principes de toutes les religions", ajoute le communiqué.
"Le secrétaire général (Kofi Annan) estime également qu'il est important de surmonter les malentendus et les animosités entre les peuples de traditions culturelles et de croyances différentes par le dialogue pacifique et le respect mutuel"

Les Eglises chrétiennes en Turquie : dans un communiqué commun, signé notamment par le patriarche oecuménique orthodoxe de Constantinople Batholomée 1er et le patriarche arménien Mesrob II, ces Eglises expriment "leur affliction et leurs regrets pour l'irrespect (manifesté) à l'égard du prophète de l'islam".
"Nous prions pour que l'amour divin règne dans le monde", déclarent les signataires parmi lesquels figurent les chefs spirituels d'autres petites communautés chrétiennes de Turquie.
(Communiqué, jeudi 2 février)

Tariq Ramadan, intellectuel musulman : "Il est impératif de bannir la passion dans ce genre d'affaires. Arabes et Européens doivent faire montre de sagesse"[...]Le monde arabe devrait apprendre une certaine "distance critique", a ajouté l'intellectuel, qui souligne que les musulmans sont peu habitués à l'irrévérence. Ils doivent savoir que l'Occident nourrit une longue pratique de la satire en matière de religion, "une tradition de la moquerie qui remonte au siècle des Lumières, à Voltaire ou Diderot"[...]"Tout le monde doit prendre de la distance avec ce genre d'incident, les Danois comme les musulmans.
Mais les médias européens devraient ménager les sensibilités arabes, exacerbées dans le contexte actuel, et user de la liberté d'expression avec plus de discernement".
(Déclaration, jeudi 2 février)

Tony Blair, premier ministre britannique, a fait savoir par la voix de son porte-parole qu'il était "entièrement du ressort des médias de décider si ils veulent ou non" publier les caricatures controversées du prophète Mahomet diffusées au départ par un quotidien danois. "Ce serait totalement erroné de la part du gouvernement de dicter par avance aux médias ce qu'ils peuvent et ce qu'ils ne peuvent pas faire", a insisté le porte-parole de Downing Street."C'est aux personnes concernées de se forger leur propre jugement quant à ce qui est légal ou ne l'est pas, ce n'est pas à nous de le faire", a-t-il précisé.
"Dans ce pays, les médias ont une certaine façon de se forger un jugement et ils savent qu'ils doivent le faire dans le cadre de la loi".
(Déclaration, jeudi 2 février)

Peter Mandelson, le commissaire européen pour le Commerce : "Le fait pour d'autres journaux européens de republier ces caricatures ne fait que jeter de l'huile sur le feu de l'insulte initiale"[...]"J'estime cette initiative plutôt grossière et plutôt immature, et j'estime, dans le cas de telles caricatures, qu'elles sont presque insultantes"[...] "Je peux comprendre la motivation de ces journaux, à un certain point, ils veulent (...) défendre la liberté d'expression, mais ils doivent aussi comprendre l'offense causée par la publication de caricatures de cette nature"
(Déclaration, Jeudi 2 février)

Franco Frattini, le commissaire européen à la Justice, à la Sécurité et aux Libertés : "Je considère, personnellement, la publication des dessins en question comme peu opportune, même en tenant compte du fait que la satire en question visait une interprétation déformée et manipulatrice de la religion"[...]"Je comprends les sentiments d'affront, de frustration, voire de chagrin, que les communautés musulmanes ressentent (...) Des faits de ce genre ne facilitent certainement pas le dialogue entre religions et cultures ni le processus d'intégration, long et fatigant, dans lequel de nombreux Etats membres de l'Union sont engagés"[...]Ces considérations "ne peuvent ni veulent en aucune manière justifier" les réactions contre le Danemark et d'autres pays européens.
"Les violences, les chantages, les appels à boycotter les produits danois ou même à limiter la liberté de la presse, tout cela est totalement inacceptable"

Le Maroc, par la voix de son premier ministre, Driss Jettou : "Le gouvernement dénonce ces caricatures qui portent atteinte au prophète et heurtent les sentiments de musulmans", a déclaré le Premier ministre lors d'un conseil gouvernemental.
"Nous dénonçons ce qui a été publié sous le prétexte de la liberté"
(Déclaration, jeudi 2 février)

Mahmoud Ahmadinejad le président iranien : "Les musulmans doivent opposer une réaction de fermeté à de tels actes scandaleux"
(Déclaration, Télévision iranienne, Jeudi 2 février)

Hosni Moubarak, le président égyptien, a averti contre une mauvaise gestion du scandale des caricatures de Mahomet, publiées par la presse européenne, qui pourrait profiter aux "forces extrémistes et terroristes". "La poursuite de cette campagne (de publication, ndlr) aura des retombées dangereuses et attisera les sentiments dans le monde musulman et au sein des communautés musulmanes en Europe". "La mauvaise gestion des retombées de cette campagne donnera davantage de prétextes aux forces extrémistes et terroristes". "La liberté d'expression et de la presse, que nous garantissons et respectons, ne doit pas être un prétexte pour porter atteinte aux religions et aux croyances". (Déclaration, jeudi 2 février)

Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah : "S'il s'était trouvé un musulman pour exécuter la fatwa de l'imam Khomeyni contre le renégat Salman Rushdie, cette racaille qui insulte notre prophète Mahomet au Danemark, en Norvège et France n'aurait pas osé le faire". "Nous ne comprenons pas la logique des autorités danoises qui refusent de s'excuser invoquant la liberté d'expression (...). qu'elles sachent qu'il y a des millions de musulmans prêts à défendre l'honneur de leur religion et de leur prophète". (Déclaration, jeudi 2 février)

Peter Mandelson commissaire au commerce, par la voix de son porte-parole Peter Power : "Un boycottage du Danemark serait un boycottage de l'UE. Si le gouvernement saoudien encourage le boycottage, le commissaire aura le regret de devoir saisir l'OMC". (Déclaration, lundi 30 janvier)

Bill Clinton, ancien président américain : "Il y a eu cet exemple affreux en Europe du Nord, au Danemark (...), ces caricatures totalement outragantes pour l'islam.
Vous savez en Europe que la plupart des batailles que nous avions menées durant les 50 dernières années étaient destinées à combattre les préjugés contre les juifs, à combattre l'antisémitisme. Et maintenant, que sommes-nous en train de faire ? Remplacer les préjugés antisémites par des préjugés anti-islamiques ? Lorsque les gens voient des informations qu'ils n'aiment pas, vont-ils s'en prendre à l'ensemble d'une religion, d'une foi, d'une région et d'un peuple?". (Déclaration, lundi 30 janvier)

Le Danemark, par la voix du ministre des Affaires étrangères, estime que la publication par des pays européens des caricatures controversées de Mahomet peut renforcer le boycott actuel des produits danois dans les pays arabes. "On peut s'attendre à ce que le boycott se répande encore davantage. Il y a des pays qui n'ont pas encore arrêté (leur position) ... et maintenant, des pays comme la France, l'Allemagne, l'Autriche ont publié les dessins". "Cela peut alimenter les choses". (Déclaration, jeudi 2 février)

L'Algérie, par la voix du ministère des Affaires étrangères a qualifié d'"atteintes outrancières et inadmissibles portées à la sainte figure du Prophète de l'Islam" les caricatures de Mahomet. Ces caricatures soulèvent "une indignation légitime", déclare le ministère dans une déclaration. "L'Algérie partage pleinement cette indignation avec les pays membres de la Ligue des Etats arabes et de l'Organisation de la Conférence islamique (...) Elle appelle les gouvernements des deux pays concernés à prendre toutes les mesures appropriées pour mettre un terme (à ces) pratiques répréhensibles qui doivent fait l'objet d'une ferme condamnation universelle", ajoute la déclaration.
Le ministère estime que ces caricatures nuisent à "un dialogue des religions respectueux de leurs spécificités" respectives ainsi qu'à "une alliance des civilisations garante d'une convivialité harmonieuse entre toutes les nations". Le ministère précise que l'Algérie a déjà présenté des "réactions fermes à l'adresse des autorités gouvernementales concernées par les canaux bilatéraux depuis le mois d'octobre dernier". (Déclaration, mardi 31 janvier)

Le Liban, par la voix du ministre des Affaires étrangères Fawzi Salloukh : "On ne peut se taire face à ces pratiques, notamment dans les circonstances internationales actuelles qui nécessitent les efforts de tous pour apaiser les tensions. Les musulmans font désormais partie intégrante des sociétés occidentales, ce qui nécessite l'adoption d'un système de valeurs (...) qui tienne compte des sentiments de cette communauté. Si le critère de la lutte contre l'antisémitisme était appliqué (pour les musulmans), les musulmans, sémites pour la plupart (...), verraient leurs valeurs sacrées protégées".
"Le Liban, fondé sur le respect de toutes les religions (...), leurs symboles et leurs croyances, et également sur le respect de la liberté de pensée, considère que cette liberté s'arrête aux frontières de l'atteinte aux valeurs sacrées des autres", a-t-il assuré. (Déclaration à la presse, lundi 30 janvier)

La Libye par la voix du ministère des Affaires étrangères: "Après les atteintes portées contre le prophète Mahomet et le silence des autorités danoises, la Libye a décidé de fermer sa représentation diplomatique à Copenhague. La Libye prendra des mesures de rétorsion économiques contre le Danemark". (Communiqué, dimanche 29 janvier)

Les Emirats arabes unis, par la voix du ministre émirati de la Justice, Mohammad Nakhira Al-Zahira : "Les offenses publiées relèvent de l'extrémisme culturel, et non pas de la liberté d'expression. Tout en les dénonçant, nous mettons en garde contre leurs conséquences imprévisibles". Il a appelé l'Onu et ses organismes à "réactiver les lois internationales de dissuasion, qui incriminent toute atteinte au caractère sacré des religions". Ces lois stipulent "la liberté de culte et de foi, la non discrimination sur une base religieuse", comme elles appellent à "la tolérance". (Déclaration, dimanche 29 janvier)

Le Bahreïn, par la voix du le ministre d'Etat pour les Affaires du cabinet, cheikh Ahmed ben Attiyatallah al-Khalifa : "Le Bahreïn rejette fermement et dénonce les caricatures publiées récemment au Danemark et qui portent atteinte intentionnellement au Glorieux prophète Mahomet et qui ont provoqué les musulmans aux quatre coins de la planète. Le Conseil des ministres dénonce et condamne ces pratiques contraires à tous les principes et les valeurs et met en garde contre leurs répercussions négatives". (Déclaration, dimanche 29 janvier)

L'Organisation de la conférence islamique (OCI), par la voix du secrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu : L'organisation va "demander à l'Assemblée générale de l'ONU d'adopter une résolution interdisant toute atteinte aux religions". (Déclaration, dimanche 29 janvier)

La ligue arabe, par l'intermédiaire du secrétaire général adjoint : La Ligue mène "actuellement des contacts au plus haut niveau avec les pays arabes et l'OCI pour demander à l'ONU d'adopter une résolution contraignante, interdisant le mépris des religions et prévoyant des sanctions contre les pays ou les institutions qui enfreindraient cette résolution". (Déclaration, dimanche 29 janvier)

Hamid Karzaï, le président afghan: "En tant que musulman je me sens très offensé mais je demande à mes coreligionnaires (...) de rester au-dessus de cette controverse et de ne pas se mettre au niveau de ceux qui ont publié ces caricatures. Dieu nous demande de pardonner, il ne faut pas confondre un journal ou une agence, avec une Nation.(Déclaration du dimanche 5 février)

Omar Bongo Ondimba, président du Gabon, s'est dit "solidaire avec tous les musulmans du monde". Omar Bongo a souligné que "les avis sont partagés. Il y en a qui disent que c'est la liberté d'expression, mais je dis: c'est pas la liberté d'expression, c'est la profanation".
"Je suis musulman, je suis solidaire avec tous les musulmans du monde", a-t-il ajouté.
Il a estimé que les manifestations et les violences contre des intérêts européens dans plusieurs pays étaient "le fait de la colère".
(Déclaration, jeudi 9 février)

George Papandreou, président de l'Internationale Socialiste : "La liberté d'expression impose une grande responsabilité". "Une responsabilité à créer un environnement de confiance et de compréhension"."Nous avons besoin d'une forme de liberté d'expression qui apporte un éclairage, et non qui allume des incendies".
"C'est un préalable nécessaire si nous voulons être certain que l'environnement dans lequel nous vivons garantisse la liberté d'expression". (Déclaration, jeudi 9 février)

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